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Brèves de sécurité

Les brèves de sécurité du club : ce qui change dans notre secteur, ce qu'on apprend des rapports d'enquête, et ce que ça change pour nous à Brive. Mise à jour mensuelle.

Fournée d'août 2026

Les brèves du mois

21 août 2026 Espace aérien
Septembre : deux grands exercices Défense au-dessus du Limousin, surtout le soir et la nuit

CSAR-26 (SUP AIP 176/26), du 1er au 17 septembre. Trois ZRT « LIMOGEAIR », « BRIVAIR » et « FLOURAIR » couvrent Limoges, Brive et l'ouest du Cantal, mais entre le FL 115 et le FL 195 : sans effet sur nos vols VFR. En basse altitude en revanche, les ZRT 166 A1, A2 et B (secteur Périgord, entre Ribérac et Saint-Astier) montent jusqu'à 4 500 ft AMSL les 2, 3, 15 et 17 septembre à partir de 15 h UTC, et la LF-R 251 Saint-Astier est activée les 1er, 2 et 3 septembre de 13 h à 22 h UTC. Des corridors drone sont aussi prévus (SUP AIP 053/26 et 055/26). Activations connues à J-1, 10 h UTC, et par NOTAM.

POKER 2026.03 (SUP AIP 183/26), nuit du 22 au 23 septembre (report possible de 24 h). La ZRT « FOX BIG LOW », de la surface au FL 195, s'étend de la Sologne au Cantal : sa limite ouest passe au sud de Limoges et juste au nord de Brive, active de 22 h 30 à 03 h 00 UTC. Contournement obligatoire, sauf coordination pour les IFR à l'arrivée ou au départ de Brive et Limoges.

Pour nous à Brive : en VFR de jour, presque rien ne change dans notre zone, ce sont des activités de soirée et de nuit. Mais ces jours-là, le trafic militaire basse altitude en CAM augmente dans tout le Sud-Ouest : redoubler de veille extérieure, et vérifier les NOTAM des R 166 / R 251 pour toute nav vers Ribérac, Périgueux ou Bergerac. Pas de vol de nuit dans le secteur la nuit du 22 au 23 septembre. Et pour mémoire, les ZRT BUCK (Sarlat, Cahors) sont activables depuis le 17 août (voir l'archive de juillet). Limoges Info, 124,050, connaît l'activité réelle.
21 août 2026 Technique · Rotax 912
Forte chaleur et essence auto : le vapor lock existe aussi sur un Rotax 912

Le bureau d'enquête indien (AAIB) vient de publier son rapport final sur l'accident d'un Tecnam P2006T en instruction, en mai 2022 : en tour de piste par 44 à 46 °C, les deux moteurs Rotax 912 S ont perdu leur puissance l'un après l'autre à la remise de gaz d'un touché-décollé. Cause retenue : un vapor lock, du carburant qui se vaporise dans les conduites et coupe l'alimentation. L'avion volait à l'essence automobile avec 10 % d'éthanol, plus volatile que l'AVGAS, et les pompes électriques avaient été coupées en tour de piste, puissance réduite et compartiment moteur chaud aidant.

Les règles de certification testent les avions neufs avec un carburant porté à 54 °C. Mais la marge fond vite quand l'avion a chauffé au soleil, que le moteur tourne à faible débit et que l'essence est volatile.

Pour nous à Brive : le F-HEAE carbure au SP98, qui contient de l'éthanol, et son Rotax 912 S est le même moteur. Les jours de canicule : éviter de laisser l'avion cuire au parking avant le vol, pompe électrique en marche pour toutes les phases basses (la check-list la demande au décollage et à l'atterrissage, et en tour de piste on ne la coupe pas), surveillance de la pression carburant, et toute hésitation moteur en remise de gaz se signale au retour. Un vol de tours de piste à 14 h par 35 °C n'est pas un vol ordinaire.
21 août 2026 REX · BEA
Une panne électrique prise pour une panne moteur

Rapport BEA publié en août 2026 (DR400, Canet-en-Roussillon, novembre 2024). Depuis des mois, le voltmètre de l'avion restait dans le rouge à la mise en route avant de remonter lentement en vol : c'était devenu « habituel » au club. Trois jours avant l'accident, un pilote signale une panne d'alternateur sans allumage du voyant « charge » ; personne ne creuse. Le jour J, batterie à plat au démarrage, recharge de quelques minutes, décollage. En vol : perte de l'intercom, puis bruit moteur perçu plus fort (le casque ANR venait de s'éteindre), pression d'huile affichée dans le rouge, radio muette. Le pilote, 95 h, conclut à une panne moteur et se pose en campagne, dans des vignes : avion retourné, occupants indemnes.

Le BEA a trouvé un câble de masse desserré sur l'excitation de l'alternateur, une détection de panne du régulateur hors service (donc jamais de voyant « charge ») et une batterie faible. Sa leçon : une panne d'alternateur est progressive, les équipements s'éteignent un à un, et les indications moteur peuvent devenir fausses.

Pour nous à Brive : une anomalie « habituelle » reste une anomalie, on la signale (REX club) et on ne décolle pas après une batterie déchargée sans recherche de panne. En vol, intercom ou radio qui lâchent : penser électrique d'abord, voltmètre et ampèremètre. Une pression d'huile qui chute se confirme toujours par la température d'huile avant de conclure à la panne moteur. Et la procédure « panne alternateur » du Cessna comme du Tecnam se connaît par cœur : délester, puis se poser sans urgence.
21 août 2026 REX · BEA
Fréjus : trente minutes de vol, un moteur qui tousse, un amerrissage sans gilets

Rapport BEA publié en mai 2026 (Cessna 177, juillet 2023). Vol local de prise en main en instruction : élève à 2 h de vol, instructeur, et une passagère de 17 ans pour son premier vol. Après une demi-heure, le moteur a des ratés à 0,5 NM de la côte urbanisée, récupère, puis retombe avec de fortes vibrations. L'instructeur amerrit à 1 km du rivage. Les trois occupants évacuent sans les gilets de sauvetage, pourtant à bord, et sont récupérés par des plaisanciers. L'avion coule.

L'origine de la perte de puissance n'a pas pu être établie avec certitude, mais le BEA relève un avion resté des mois dehors en bord de mer, un moteur au-delà de sa limite calendaire de révision, et surtout une consommation réelle supérieure à celle retenue par l'instructeur : les réservoirs étaient probablement presque vides. Sur 11 amerrissages d'avions légers recensés de 2014 à 2023, trois équipages ont quitté l'avion sans leurs gilets.

Pour nous à Brive : pas de mer, mais trois rappels. Le briefing passager se fait à chaque vol, même local, même court : évacuation, ceintures, équipements. Le carburant se vérifie visuellement et se recoupe avec le carnet de route et une consommation réelle, pas une valeur théorique optimiste. Et un avion qui a peu volé, ou sort d'une longue immobilisation, mérite une prévol et un essai moteur plus méfiants que d'habitude.
Ces brèves sont une synthèse d'information à but pédagogique, non officielle, non exhaustive et pas forcément à jour au moment où vous la lisez. Elles ne remplacent ni la documentation officielle (AIP, SUP AIP, NOTAM, AZBA, manuels de vol), ni la préparation complète du vol sur les sites officiels (SIA, SOFIA-Briefing, Météo-France). En cas de doute, la source officielle fait foi.
Archive

Les fournées précédentes

Fournée de juillet 20264 brèves · ZRT BUCK, Rotax 912, hypoxie, checklists
31 juillet 2026 Espace aérien
4 zones réglementées temporaires « BUCK » entre Sarlat et Cahors dès le 17 août

Le SUP AIP 166/26 crée quatre ZRT (BUCK ALPHA 1 et 2, BRAVO 1 et 2) pour une activité Défense, du 17 août 2026 au 14 avril 2027. Les zones ALPHA vont de la surface à 5 000 ft AMSL et englobent l'aérodrome de Sarlat-Domme (LFDS), les zones BRAVO s'étagent de 5 000 ft au FL 115 en descendant vers Cahors.

Elles sont activables du lundi au vendredi (hors jours fériés), par NOTAM avec un préavis de 72 h, 10 jours maximum par mois. Le contournement est obligatoire quand elles sont actives. L'activité est connue de Limoges Info (124,050) et Clermont Info (133,725).

Pour nous à Brive : Sarlat et Cahors sont nos navs classiques. Pour tout vol dans ce secteur en semaine à partir du 17 août, la vérification des NOTAM d'activation fait partie de la préparation du vol. En vol, un contact avec Limoges Info permet de confirmer le statut réel des zones.
31 juillet 2026 Technique · Rotax 912
Pertes de puissance des Rotax 912 : où en est l'enquête européenne

Suite à plusieurs événements de pertes de puissance inexpliquées, l'EASA pilote depuis 2024 une « task force Rotax » avec les autorités nationales. Le constat publié dans son bilan 2026 : la cause est toujours une combinaison de facteurs (installation, carburant, entretien), mais le facteur commun reste le moteur Rotax 912 lui-même, avec les Tecnam parmi les cellules les plus concernées.

Rotax a publié le Service Bulletin SB-912-079 (novembre 2024) avec des exigences d'entretien recommandées, et une plateforme numérique de signalement des événements moteur.

Pour nous à Brive : notre Tecnam est équipé d'un Rotax 912. Le suivi du SB est l'affaire de l'atelier, mais chaque pilote contribue : tout raté, toute vibration ou perte de puissance même brève se signale au retour de vol, même si tout est rentré dans l'ordre.
31 juillet 2026 Facteurs humains
Hypoxie : l'oxymètre de pouls ne suffit pas à décider

Après l'accident d'un avion léger monté haut sans oxygène, le BEA et l'EASA rappellent un point que beaucoup de pilotes ignorent : l'oxymètre de pouls, seul, n'est pas un moyen fiable d'évaluer le besoin en oxygène. Les seuils réglementaires restent la référence : au-delà de 10 000 ft pendant plus de 30 minutes, ou au-delà de 13 000 ft, l'oxygène s'impose. L'oxymètre reste utile comme moyen de surveillance complémentaire, pas comme critère de décision.

La brochure EASA « Preventing Hypoxia » sera rééditée en 2026 avec un volet sur l'hypoxie légère et les effets post-hypoxiques.

Pour nous à Brive : on vole rarement si haut, mais un vol en montagne ou un convoyage peut y amener. Les premiers signes (euphorie, vision qui se dégrade, calcul mental laborieux) se manifestent bien avant la perte de conscience, et on est mauvais juge de son propre état.
31 juillet 2026 Bonnes pratiques
Checklists : la normale ET la secours, à bord et en format maniable

Un accident récent en Autriche a rappelé une évidence parfois oubliée : la checklist normale et la checklist de secours doivent être à bord, dans un format utilisable en vol. C'est désormais un point récurrent de la campagne EASA de début de saison (« 10 steps for a new flying season »), qui recommande aussi de connaître par cœur la conduite à tenir pour les pannes les plus probables : la checklist confirme, elle ne remplace pas la mémoire.

Pour nous à Brive : avant de partir, un coup d'œil : la checklist de l'avion est-elle à bord, complète et lisible ? Et sauriez-vous dérouler de mémoire la panne moteur au décollage ?